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Au-delà du changement de visage : les autres numéros de l’opéra du Sichuan
Le changement de visage fait sensation, mais une soirée dans une maison de thé à Chengdu, c'est tout un spectacle. Voici le feu, les marionnettes, l'acrobatie et l'humour qui l'entourent.
Voir les dates de l'opéra du Sichuan sur GetYourGuide ↗Un spectacle varié, pas un seul opéra
Une soirée à la maison de thé n'est pas un long drame unique — c'est un programme de numéros courts et distincts, comme l'opéra du Sichuan est souvent servi au public occasionnel. Le changement de visage est la tête d'affiche, mais il arrive généralement en dernier, et les numéros qui le précèdent sont ce qui rend la soirée pleine plutôt qu'une attente pour un seul tour. Attendez-vous à du feu, des marionnettes, du chant folklorique, de la comédie acrobatique et du clown, chacun ne durant que quelques minutes. Le format est délibérément facile à apprécier : si un numéro n'est pas pour vous, un autre arrive rapidement, et aucune pièce n'exige que vous suiviez une intrigue en dialecte sichuanais pour passer un bon moment.
Cracheur de feu (tu huo)
Le cracheur de feu est le complice naturel du changeur de masques, et les deux arts sont souvent exécutés ensemble par le même artiste. Sur scène, il projette des gerbes de flammes au signal, en parfaite synchronie avec les tambours, semblant parfois souffler le feu tandis qu'un masque se retourne sur le même temps. Dans l'opéra du Sichuan complet, cet effet appartient aux scènes surnaturelles et de conjuration des démons — le redoutable attrapeur de fantômes Zhong Kui est un rôle classique de cracheur de feu — si bien que les flammes portent une odeur des enfers autant qu'un éclat spectaculaire. De près, le spectacle est franchement saisissant ; la maîtrise nécessaire pour placer le feu en toute sécurité, soir après soir, est en soi une forme de virtuosité.
Comédie acrobatique et lampes roulantes
Le numéro de la lampe roulante, le gun deng, est l'un des tours comiques et acrobatiques les plus appréciés de l'opéra du Sichuan. Un artiste fait tenir une lampe à huile allumée en équilibre sur sa tête — et parfois sur ses mains ou ses pieds — tout en faisant des culbutes, en rampant sous les bancs et en se contorsionnant dans des passages étroits, sans jamais laisser la flamme vaciller ou s'éteindre. Issu d'une pièce comique traditionnelle, ce numéro mêle burlesque et véritable maîtrise acrobatique, l'humour naissant du calme apparemment impossible que l'équilibriste conserve dans les situations les plus absurdes. C'est un favori du public précisément parce que la tension y est palpable : dans la maison de thé, chacun retient son souffle pour que cette petite flamme reste bien droite.
Marionnettes et ombres chinoises
Au détour d’une ruelle, vous croiserez souvent les marionnettistes. Le Sichuan possède une forte tradition de marionnettes à tiges, où des figures sculptées sont manipulées par le dessous avec une telle précision qu’elles semblent imiter les gestes authentiques de l’opéra — jusqu’à, entre les mains d’un maître, exécuter un changement de masque miniature. Certains programmes incluent également des jeux d’ombres chinoises, où seuls des doigts entrelacés devant un écran lumineux deviennent un oiseau, un chien ou toute une petite scène. Ce sont des numéros discrets, d’une grande finesse, que les critiques saluent souvent comme des moments forts inattendus, un contrepoids délicat au feu et aux tambours qui les entourent.
Musique folklorique et sons de la nuit
Entre deux tableaux visuels, la musique qui tisse le lien de l’opéra du Sichuan vous enveloppe : la stridence du suona, le frottement de l’erhu et des cordes, et surtout les percussions — tambours, gongs et cymbales qui rythment chaque acrobatie et ponctuent chaque exploit. Bien des programmes glissent un moment de qingyin, ce chant folklorique raffiné du Sichuan, traditionnellement interprété assis, avec de petits instruments tenus à la main. Vous pourrez aussi surprendre la signature de ce répertoire : un chœur en coulisses, où des voix invisibles répondent au chanteur sur scène. Nul besoin de traduction pour que cela opère ; le son seul vous dit quand vous pencher en avant.
Clowns et sketches comiques
L’opéra du Sichuan est réputé pour son humour, et ses rôles de clowns portent une grande partie de la chaleur de la soirée. Le chou, ce personnage comique au visage peint, anime la salle avec des gags physiques, un bagout vif et un esprit local malicieux — souvent en dialecte sichuanais, si bien que certaines blagues échapperont aux non-initiés, mais le rythme et la pantomime, eux, se comprennent sans peine. Ces saynètes comiques tissent le fil conducteur d’une soirée de variétés, gardant l’ambiance légère et conviviale entre les grands numéros. Un rappel que ce spectacle était un divertissement populaire bien avant de devenir un art patrimonial : un théâtre pensé pour un public de maison de thé, tasse à la main et temps pour rire.